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Le Cigref change de président et poursuit le combat de la transformation numérique

Le Cigref change de président et poursuit le combat de la transformation numérique
Bernard Duverneuil, DSI d’Essilor, a conclu la soirée de l’AG du Cigref en tant que nouveau président de l’association.

Après Didier Lambert, Bernard Duverneuil est le deuxième DSI d'Essilor à devenir président du Cigref. Et la transformation numérique continue.

Le Cigref (Club Informatique des Grandes Entreprises Françaises) a tenu son Assemblée Générale annuelle le 17 octobre 2016. Exercice formel s'il en est, avec sa soirée de clôture et son cocktail où le Tout-Paris de l'IT se presse, cette édition a cependant été chargée d'une émotion particulière. En effet, après cinq ans de mandat, Pascal Buffard a cédé sa place de président à Bernard Duverneuil, qui devient ainsi quinzième président du Cigref et deuxième DSI d'Essilor à occuper le poste après Didier Lambert. Et puis le Délégué Général depuis quinze ans, Jean-François Pépin, a lui aussi annoncé son départ (voir encadré).

Dans son discours d'adieux, un Pascal Buffard très ému a tenu à adresser des remerciements appuyés aux différentes équipes, dont celle des permanents et celle des bénévoles du Cigref. « Je me suis beaucoup investi mais, en retour, j'ai beaucoup reçu » a-t-il expliqué. Ses cinq ans de mandat ont été marqués par le passage du système d'information au numérique, par la collaboration renforcée entre DSI et dirigeants d'entreprises, par le programme de recherche ISD, par des opérations de sensibilisation comme la Hack Académie et le serious game sur la cybersécurité financé par 42 entreprises, par la participation du Cigref au Conseil National du Numérique... Mais il a cependant regretté : « la bouteille du numérique est bien sûr à moitié pleine avec la contribution à l'innovation, à la croissance... Elle est donc aussi à moitié vide à cause de la question de l'éthique. » Si Georges Epinette, ancien DOSI du Groupement des Mousquetaires et vice-président du Cigref, avait initié beaucoup de travaux sur le sujet, la question n'est pas pour autant réglée.

Une année d'activité

La journaliste de France Télévision Eglantine Emélié a animé la soirée de clôture de l'AG du Cigref en assurant le passage de la parole entre les intervenants. Les différents vices-présidents du Cigref se sont succédés en vidéo en dressant un bilan des travaux des différentes commissions. Jacques-Benoît Le Bris, DSI groupe de Solvay, a ainsi insisté, au nom du Cercle de l'Innovation, sur la transformation de la démarche d'innovation ces dernières années. Aujourd'hui, l'innovation n'est plus pour l'entreprise mais pour le client de l'entreprise et cette innovation est ouverte, collaborative, associant l'interne (DSI, métiers...) et l'externe (start-up...).

De la même façon, Régis Delayat, DSI de Scor, a rappelé que la donnée était au coeur du métier des entreprises, un de leurs actifs majeurs. Côté cybersécurité, Jean-Jacques Tourre, responsable cybersécurité groupe de Total, a insisté sur la grande diversité des risques et du niveau de maturité des entreprises. Pour lui, il est clair que chaque entreprise doit partir de scénarios de risques pour définir des mesures de protection. Isabelle Vialettes, DSI de Monoprix, a, elle, présenté la révolution IoT. D'un côté, l'IoT, c'est bien sûr de nouveaux services aux clients mais, de l'autre, c'est aussi des infrastructures et des compétences pointues.

Agilité et Open-Source, des évidences pas si évidentes

Les tables rondes réunissant les DSI des plus grandes entreprises françaises ont été l'occasion de rappeler quelques évidences qu'il faut cependant encore marteler. Alors, oui, encore et toujours, la transformation numérique concerne toute l'entreprise, en commençant par son PDG, et nécessite la mobilisation de la DSI. Oui, également, la cybersécurité est un sujet de Comité Exécutif. Et, bien entendu, l'usage responsable et éthique des données est essentiel. Malgré tout, même si tout cela semble évident, regarder le terrain réel provoque encore bien des désillusions. Il est donc nécessaire de continuer de marteler ces pseudo-évidences. Au point que le Cigref veut initier une rencontre des directeurs des grandes écoles avec des patrons d'entreprise pour adapter les programmes d'études au digital... en 2016 (ou même 2017) !

La transformation numérique, si évidente elle aussi, concerne également la DSI elle-même. Elle implique une démarche agile, en coopération totale avec le business, capable d'innovation et d'intégration des nouvelles technologies. Pour faciliter la mutation des entreprises, le Cigref travaille d'ailleurs avec l'ANDRH (Association Nationale des DRH).
Et puis il y a eu l'instant coup de gueule de la soirée. Il est revenu à Pascale Montrocher, DSI de Dassault Aviation, de dénoncer les mauvaises relations entre les entreprises utilisatrices de technologies et les grands éditeurs américains de logiciels, notamment Oracle particulièrement pointé du doigt. Les grandes entreprises doivent tenir compte d'un existant qu'il n'est pas facile de changer mais « pas facile », ce n'est pas « impossible ». Pascale Montrocher a ainsi averti les éditeurs : « l'open-source est une alternative claire qui permet de rétablir l'équilibre dans les relations avec les fournisseurs. Une forte amélioration de l'implantation de l'Open-Source soutient toute une série d'innovations actuelles comme OpenStack (cloud), Hadoop (Big Data), etc. De la même façon, le cloud ouvre des portes même s'il ne faut pas être naîf en matière de contractualisation. »

La révolution numérique

Dernier à prendre la parole en tant que président fraîchement élu, Bernard Duverneuil a bien sûr sacrifié comme il convient aux dieux des remerciements. Mais il a surtout réussi l'exploit de ne pas employer une seule fois le mot « ubérisation » ou ses dérivés tout en décrivant clairement les bouleversements majeurs apportés par le numérique dans les modèles économiques de tous les marchés. Avec le terrible dilemme pour les entreprises établies : doivent-elles choisir le numérique alors même qu'il est moins rentable à court terme plutôt que leurs modes traditionnels d'action ?

Et le numérique n'est pas qu'innocence, naïveté et joie de vivre. Bernard Duverneuil n'a pas oublié de rappeler la problématique de la souveraineté des entreprises (et de leurs données) face à des acteurs transnationaux. Pour lui, il est clair que l'éthique, notamment concernant les datas, restera un sujet majeur des années à venir.

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