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Jacques Attali et des DSI se confrontent à la criseEdition du 08/12/2008 - par Bertrand Lemaire L'éditeur du générateur d'applications Blu Age, Netfective, a organisé pour la deuxième fois une confrontation autour d'un thème d'actualité entre Jacques Attali et une dizaine de DSI. En lien avec le dernier ouvrage de l'ancien conseiller spécial de François Mitterrand, le thème était cette fois la crise financière actuelle. Selon lui, « l'optimisme a été la règle et tout signal négatif est systématiquement censuré, avec une connivence générale pour la fuite en avant. » Ce point de vue n'est d'ailleurs pas sans rappeler celui de l'économiste Daniel Cohen, exprimée à l'occasion de la dernière convention de l'USF. Une fois la crise déclenchée, il était quelque part trop tard. « L'action publique est lente, le marché rapide » a rappelé Jacques Attali, d'où le problème : « peut-on agir lentement sur quelque chose de rapide ? On peut empêcher une avalanche mais pas la stopper une fois celle-ci déclenchée. Là, c'est l'avalanche des dettes. » La thèse essentielle de Jacques Attali, défendue par ailleurs dans son dernier ouvrage, est un besoin d'état de droit mondial pour, justement, réguler l'économie de marché : « L'état de droit est une nécessité préalable à l'économie de marché. Or, aujourd'hui, il y a une économie de marché mondiale mais pas un état de droit mondial. La finance est, de plus, ce qui se délocalise le plus facilement et donc profite à fond de la mondialisation. La crise a donc été en premier lieu financière. » Mais qui peut croire sérieusement que la leçon nécessaire de cette crise sera tirée ? « Il est probable qu'aucune mesure sérieuse ne sera prise et que la croissance naturelle mondiale permettra d'absorber le choc... jusqu'à la prochaine fois. » Face à un DSI qui évoquait l'effet papillon, Jacques Attali s'est emporté : « l'effet papillon est une apologie de la démission intellectuelle : n'importe quoi peut arriver sans que ce soit prévisible, je peux donc m'abstenir d'agir. »
Autopsie d'une crise Jacques Attali a pris l'habitude d'écrire rapidement sur des sujets chauds tout en gardant un certain recul, d'être précis tout en étant clair, compréhensible et agréable à lire. Avec cet ouvrage sur la crise, l'habitude est préservée.
Il ne s'agit pas, bien sûr, de trouver dans ces pages le scoop du siècle. Et c'est peut-être là le message le plus important de l'ouvrage : quand il analyse la crise, Jacques Attali démontre que chacun savait ou, du moins, pouvait avoir conscience qu'il savait. Même s'il n'est pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre et pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.
L'ancien conseiller spécial de François Mitterrand en vient à plaider, pour résoudre durablement les causes profondes des crises financières, pour un état de droit mondial auquel, bien évidemment et par réalisme, il ne croit pas dans l'immédiat.
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