Le marketing des constructeurs et des éditeurs informatiques intègre désormais systématiquement des arguments liés à la préservation de l'environnement. Si la distribution relaie pour l'instant timidement le discours, certains fournisseurs les y incitent en créant des programmes spécifiques. Reste que la 'green IT" ne correspond à aucune innovation technologique majeure...
Cisco n'est pas en reste et vient d'éditer le 'Guide pour un Bureau vert', en partenariat avec des organisations comme Climat Mundi ou Enercoop. Dans ce cas, le but est de démontrer les gains environnementaux générés par des applications collaboratives telles que Webex, désormais propriété de Cisco.
On peut également citer l'éditeur SAS, leader mondial de l'informatique décisionnelle, qui annonce aujourd'hui la première solution « permettant de mesurer et contrôler précisément l'impact environnemental de l'activité d'une entreprises .»
En résumé, tous les acteurs de l'industrie IT se sont emparés du marketing du green et, pourtant, chacun reconnaît que cette communication intense ne correspond à aucune innovation technologique majeure, au-delà de l'arrivée de composants plus économes. « Il n'est pas question de nouvelles technologies, mais de nouveaux usages », confirme Fabrice Emmonet.
Dans les faits, à l'exception du recyclage des déchets, les revendeurs ne sont pas maîtres du jeu. « Ce n'est pas l'existence d'une technologie dite 'verte' qui change les données du problème, c'est l'usage que les entreprises et leur salariés en font », conclut Cyril Carreterro. « Si les cadres d'un grand groupe entièrement équipé pour la visioconférence continuent malgré cela à multiplier les allers-retours France - Etats-Unis, le gain pour l'environnement restera effectivement nul. Notre légitimité et notre valeur ajoutée, en tant qu'intégrateur, est justement là : il ne s'agit pas seulement de fournir des technologies ; il faut accompagner le changement .»