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Enterprise Support SAP : l'USF grogne, fournit le dentier mais ne mord pasEdition du 02/04/2009 - par Bertrand Lemaire Le club des utilisateurs francophones de SAP connait un « dialogue viril » avec l'éditeur. En cause : toujours le passage obligatoire à une maintenance à 22% au lieu de celle à 17%. L'USF prépare la guerre avec un cabinet d'avocats mais son président continue de croire à la possibilité de la paix. Jean Leroux ne se fait pas d'illusion : « nous ne pourrons pas échapper, au final, à l'augmentation de la maintenance mais nous exigeons des compensations et des délais ». L'USF ayant « francophones » dans son nom, le club tient en particulier à la garantie d'un support francophone durant les heures ouvrables alors que SAP a tendance à considérer que les Frenchies n'ont qu'à apprendre l'Anglais. Ce discours passe assez mal dans les entreprises et surtout les administrations françaises où, rappelons-le, la Loi Toubon oblige l'employeur a fournir des logiciels et des services en Français à tous leurs employés. Une autre revendication concerne la fourniture d'indicateurs de qualité et d'éléments chiffrés pour calculer le ROI de l'augmentation de tarif avec la croissance des services (dont l'utilité est discutée) associée. Si ces indicateurs ne donnaient pas de résultats satisfaisant, l'éditeur devrait s'engager à rembourser une partie de la maintenance. Enfin, avec la crise, les clubs d'utilisateurs revendiquent tous un étalement plus important dans le temps de l'augmentation du prix, ce qui amènerait le tarif de 22% bien plus tard que 2012. Jean Leroux espère surtout un traitement identique sur les deux rives du Rhin. En Allemagne, selon lui, seuls 20% des clients ont basculé vers Enterprise Support car « les apports de ce contrat ne sont pas identifiés par les DSI ». Un kit d'attaque pour les adhérents à jour de cotisation Jean Leroux veut croire à un « partenariat à long terme avec SAP, pour le meilleur et pour le pire » mais n'est guère optimiste même s'il refuse d'admettre que l'éditeur multiplie les manoeuvres dilatoires sans avoir l'intention de changer d'attitude. Pour lui, « il faut sortir de l'émotionnel et trouver un compromis rationnel mais SAP ne doit pas continuer à différer l'obtention d'un résultat ». L'USF a cependant consulté le cabinet d'avocats spécialisé Féral-Schuhl & Sainte Marie pour constituer une sorte de kit juridique d'action. Ce kit est bien entendu réservé aux adhérents à jour de cotisation de l'USF. Il comporte d'une part des « bonnes pratiques » en matière de rédaction de contrats de maintenance en formalisant les précautions à prendre pour éviter de se placer une nouvelle fois dans une situation similaire, d'autre part sur la manière de se protéger si on souhaite ne pas payer la maintenance à 22% et rester à 17%. L'USF n'est pas habilité à attaquer lui-même en justice SAP (les class-actions ne sont toujours pas légales en France) mais il a obtenu un « tarif adhérent » auprès du cabinet Féral-Schuhl & Sainte Marie pour les clients de SAP souhaitant attaquer en justice l'éditeur. Ce tarif spécial tient compte du travail préparatoire déjà réalisé et, en quelque sorte, mutualisé. « Le prochain magazine de l'USF comprend une double-page sur le sujet » annonce Jean Leroux. Il ajoute : « si nous n'obtenons pas gain de cause, si nous allons à la rupture, on ne pourra que passer à des actions qui n'iraient pas dans le sens des intérêts bien compris tant de SAP que de ses clients. Mais l'arrogance de SAP est en train de s'assouplir, même si SAP reste l'un des fournisseurs les plus rigides. ». Mais les clients ne pouvant pas renoncer brutalement à SAP, quels moyens de pression les utilisateurs ont-ils vraiment ?
Sur LeMondeInformatique.fr
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