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Malgré SEPA, les banques EU tardent à automatiser leurs procédures


Edition du 16/03/2008 - par Yves Grandmontagne

Europe : SEPA a été mis en place en janvier dernier, mais les coûteuses procédures manuelles de paiement transfrontaliers continuent de plomber la marge des banques, affirme une étude de Compass Management Consulting.

Le constat d'analyses de performance des banques européennes effectuées par Compass Management Consulting est sans appel : les procédures manuelles de paiements transfontaliers (non-STP) dans la zone euro peuvent réduire la marge commerciale de ces banques jusqu'à 25 %.

Richard Bissett, responsable du secteur bancaire de l'analyste, cite l'exemple d'une entité bancaire gérant 300.000 transactions par jour et générant 7.000 exceptions : « Malgré un taux d'exceptions de 2,3% seulement, le traitement manuel de ces paiements, dont le coût unitaire est situé entre 36€ et 58€, représente une charge de travail égale à 270 Equivalents Temps Pleins (ETPs). »

Ce type de procédures représente entre 2% et 5% des virements, soit un nombre relativement faible, mais ils rognent considérablement la marge commerciale des banques. Dans la foulée, c'est la loi de Pareto (20/80) qui sans surprise émerge, à savoir que 20 % des transactions génèrent 80 % des coûts totaux des back-office bancaires.

Or, comme le constate Compass Management Consulting, 60% de ces exceptions pourraient être complètement automatisées, mais seulement 4% d'entre elles auraient été automatisées.

L'étude fait donc le constat que la mise en place du SEPA, le 'Single Euro Payments Area', le 28 janvier dernier, est pour le moment passé inaperçue. Les entreprises sont toujours « perplexes » face aux codes BIC et numéros IBAN, et parmi les 62.000 codes BIC existants, seuls les 20.000 appartenant aux participants du réseau SWIFT sont réellement connectés, affirme Richard Bissett.

Sous la contrainte du SEPA, qui les oblige à réduire leurs marges commerciales de traitement des paiements, les banques vont devoir se focaliser de plus en plus sur le traitement des exceptions. Sans que pour autant cela ne résolve le problème complexe des codes BIC et numéros IBAN.

L'augmentation des volumes de traitement de paiements transfrontaliers suite à la mise en fonctionnement de SEPA ne peut en effet qu'entraîner une augmentation du nombre d'exceptions, sauf si des mesures importantes sont prises pour redresser la situation et régler la question des traitements manuels...

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