Anvaraly Jiva, Président du Directoire de l'éditeur de solutions pour le monde financier Linedata Services, nous a reçu pour évoquer les résultats de son groupe et sa vision du marché.
La prudence érigée en règle de communication financière
Après la claque - certainement injustifiée ! - encaissée par le titre en Bourse à la mi 2007, qui a placé la capitalisation boursière de l'éditeur nettement en dessous de sa valeur réelle, Anvaraly Jiva, son Président du Directoire et cofondateur, a choisi de jouer la carte de la prudence dans sa communication financière.
Ainsi, malgré des résultats nettement positifs qui profitent de la fin de l'intégration des dernières acquisitions du groupe, Linedata n'a pas souhaité faire de prévision pour son exercice 2008. Une stratégie qui a pourtant démontré sa faiblesse vis à vis du marché, par le manque de visibilité des observateurs qui désormais sanctionnent les valeurs sur ce simple fait, et sans que cela soit toujours justifié !
« La crise crée des problèmes de confiance, pas financiers », nous a confié Anvaraly Jiva. « Nous devons faire évoluer nos modèles, et profiter des nombreux relais de croissance qui s'offrent à nous, même dans le contexte bancaire. (...) Notre ambition reste de devenir le leader mondial, de maintenir notre croissance à deux chiffres, mais nous ne publions pas de chiffres par prudence. En 2008, la croissance sera probablement plus modérée... »
Pour répondre à ses objectifs, Linedata confirme la pertinence de son plan de restructuration. Il s'est en particulier engagé dans la démarche de réduction des coûts. « Nous maintenons nos investissements dans la R&D, mais nos accélérons sur l'off-shore 'propriétaire', avec nos équipes intégrées en Tunisie et des partenariats en Inde, pour développer plus vite et moins cher environ un tiers de notre production ». Aux interrogations de la qualité de cette démarche, Anvaraly Jiva répond par la rigueur du cahier des charges et du suivi qu'impose la sous traitance et de la qualité induite...
Mais la principale tendance constatée dans la démarche commerciale de l'éditeur est ailleurs : « Les contrats sont de plus en plus complexes, chez nos clients comme chez nos prospects, et les contrats sont de plus en plus gros. Les clients n'achètent plus du logiciel, mais un logiciel et du service, ou encore de la délégation de prestation complète en mode ASP. Nous assistons à une remise en cause des licences perpétuelles, à cause de la multiplication des mises à jour et de la demande de compétences. Le changement vers du récurant nous apporte une pérennité plus forte et robuste. Aux Etats-Unis, sur 15 contrats signés, 13 l'ont été en ASP... »
Et la croissance externe ? « Aujourd'hui, la concurrence est en moins bonne position que nous, et les fonds d'investissement moins actifs », estime Anvaraly Jiva, handicapé par la faiblesse de sa valeur boursière. « Nous prévoyons de réaliser des acquisitions, mais pas cher. Soit pour augmenter notre part de marché dans certaines régions du monde, soit pour compléter note offre. »
08/01/2009 19:02:29 - La guerre de la maintenance SAP était passée dans une phase plus calme. Un cessez-le-feu semblait même avoir été signé. (...) Rendez-vous